11 janv. 2017

Les Français face au cyber-harcèlement

Une étude commanditée par le Parlement Européen s'intéresse au cyber-harcèlement tel qu'il est vécu par les jeunes Européens, ainsi qu'aux mesures mises en place pour l'endiguer. Un document qui donne l'occasion de faire le point sur le rapport des jeunes Français face à l'intimidation en ligne.

Avec l'essor des réseaux sociaux et de l'Internet mobile, le cyber-harcèlement a encore de beaux jours devant lui... Pour mesurer son ampleur et faire un bilan des actions lancées pour le contrer, la Direction des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles du Parlement Européen a réalisé une étude auprès des 28 pays que compte l'Union Européenne. On apprend ainsi que la France possède les parents les plus soucieux, et que l'éducation reste pour elle comme pour les autres pays une arme contre le cyberbullying.


Qu'entend t-on par cyber-harcèlement ?

Selon la Commission Européenne, on appelle « cyber-harcèlement » le harcèlement verbal ou psychologique, perpétré par une ou plusieurs personnes au moyen des nouvelles technologies. La définition française inclut en plus le fait que la victime ne peut se défendre facilement face à ces attaques. Les harceleurs opèrent sous diverses formes, comme les insultes, menaces, ou la création de faux comptes au nom de la victime sur les réseaux sociaux.


Une inquiétude plus prononcée en France, où les risques d'être harcelé en ligne sont élevés

Les parents Français sont plus nombreux à s'inquiéter : 80 %, contre une moyenne de 54 % à l'échelle européenne. Et pour cause, la France est listée dans les pays où le risque de cyber-harcèlement sont les plus hauts.

Les adolescents de 13-15 ans sont les plus touchés, et les filles le sont d'avantage que les garçons. Les harceleurs sont quant à eux aussi bien de sexe masculin que féminin. En revanche, il n'y pas de chiffres français sur l'âge des victimes et de leurs bourreaux. Les études menées à l'échelle européenne montrent néanmoins que les premières sont plus jeunes et les seconds plus âgés.

Bonne nouvelle enfin, les jeunes Français sont plus enclins à parler de ce qu'ils ont vécu à leurs proches. Une tendance positive, qui n'est malheureusement pas la norme à l'échelle européenne.


Quelles sanctions pour le harceleur ?

En France, un jeune cyber-harceleur est considéré comme responsable dès qu'il atteint l'âge de 13 ans. C'est plus qu'au Royaume-Uni (10 ans), mais moins qu'en Belgique ou au Luxembourg (16 ans). Reconnu coupable, il encourt jusqu'à 1 an d'emprisonnement (18 mois s'il a plus de 15 ans) et 7500 euros d'amende ! Des peines lourdes, qui doivent inciter tout parent à discuter avec son enfant sur la portée de ce qu'il publie en ligne. En effet, l'anonymat et la distance induite par l'écran n'atténuent ni la faute, ni la souffrance de la victime.


Sensibiliser au cyber-harcèlement pour mieux en venir à bout

L'éducation reste le moyen privilégié pour combattre le harcèlement en ligne. C'est le cas dans l'Hexagone, mais également en Allemagne ou en Irlande. Des actions sont ainsi programmées pour faire prendre conscience aux jeunes des dangers d'Internet, encourager les victimes de cyber-harcèlement à en parler, et faire prendre conscience aux harceleurs de la portée de leurs actes. Les aides en ligne comme les sites Internet et les chats dédiés à cette problématique sont également appréciées des jeunes.

Toutes ces initiatives sont portées aussi bien par les enseignants que par les parents et les organisations caritatives. Le Gouvernement Français s'engage également contre le cyber-harcèlement, au travers d'un site et d'une campagne de communication dédiés.


Les initiatives françaises

- L'association Marion la main tendue s'engage contre le harcèlement et le cyber-harcèlement aux travers de conférences, d'ateliers et d'interventions dans les écoles. Elle a été fondée par Nora Fraisse, dont la fille s'est donnée la mort après avoir été harcelée par ses camarades de classe.

- Net écoute : plateforme en ligne d'aide aux victimes de cyber-harcèlement, joignable par téléphone, par mail ou par chat.


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L'étude : Cyberbullying among young people, Policy Department C : Citizen's rights and Constitutional Affairs.